Espace presse Communiqué de presse - Lancement MIB
Marseille, 16 février 2026 – La France abrite depuis longtemps une recherche d’excellence en immunologie.
Chaque jour, nos scientifiques contribuent aux avancées dans les domaines du cancer, des maladies infectieuses, de la transplantation, des maladies auto-immunes et du développement vaccinal. Pourtant, malgré ce rôle central, la recherche française en immunologie peine encore à être pleinement reconnue sur la scène internationale.
L’un des principaux enjeux réside dans une forme d’invisibilité structurelle. L’immunologie est partout, et par conséquent trop souvent nulle part.
Dans les cadres de recherche nationaux et européens, l’immunologie existe rarement en tant que telle. Contrairement à d’autres pays, notamment les États-Unis, la France ne reconnaît pas aujourd’hui l’immunologie clinique comme une spécialité médicale distincte.
Les appels à projets, les instances d’évaluation et les catégories institutionnelles sont majoritairement organisés autour de pathologies spécifiques. L’immunologie y est intégrée, souvent réduite à un ensemble d’outils, plutôt que reconnue comme le moteur scientifique de nombreuses avancées majeures.
Ce constat n’est pas en soi une faiblesse. Au contraire, il reflète la puissance transversale de l’immunologie. Mais la visibilité est essentielle, et ce manque de lisibilité a des conséquences concrètes.
Les immunologistes français sont reconnus individuellement, mais l’immunologie française est rarement perçue comme une force collective cohérente à l’échelle internationale.
En France, l’organisation de la recherche a progressivement renforcé de grands centres qui développent naturellement leurs propres identités et priorités. Cette dynamique est compréhensible, mais elle peut aussi accentuer les silos et rendre plus difficile l’émergence d’une voix commune pour l’immunologie. À l’international, cela complique la capacité à affirmer un leadership.
Nous ne pouvons pas simplement attendre que cette reconnaissance vienne des institutions, qu’elles soient nationales ou européennes. Les évolutions structurelles sont lentes, et les cadres terminologiques évoluent avec prudence. La responsabilité repose désormais en grande partie sur la communauté immunologique elle-même.
Si nous voulons que l’immunologie soit reconnue, nous devons la rendre visible. Cela implique de communiquer davantage et mieux. Pas seulement entre nous, mais bien au-delà de nos cercles habituels : auprès des étudiants qui choisissent leur voie, des cliniciens, des décideurs publics, des partenaires internationaux et du grand public. Il s’agit de rendre visible le socle scientifique commun qui sous-tend des avancées trop souvent attribuées à d’autres disciplines.
La communication doit faire partie intégrante de la responsabilité scientifique.
Les chercheurs et chercheuses établis ont, à cet égard, un rôle particulier à jouer : en prenant la parole publiquement, en s’adressant à des audiences plus larges et en contribuant à construire un récit commun pour l’immunologie française. C’est une condition essentielle pour que la France soit perçue et reconnue comme un leader dans ce domaine.
Communiquer suppose de nommer clairement l’immunologie, d’en affirmer explicitement le rôle et d’accepter que la visibilité demande un engagement. Nous devons encourager les scientifiques, en particulier les plus établis, à s’exprimer, à partager leurs connaissances et à porter la voix de l’immunologie au-delà des laboratoires.
La France dispose des talents et de l’excellence scientifique. Elle a désormais besoin d’une prise de conscience et d’une action collective pour parler de l’immunologie avec plus de clarté et de confiance.
La visibilité ne viendra pas d’elle-même. Elle se construit.
Par Daniel Olive
Responsable médical, scientifique et technique de MIB
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